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Guide · Édition 2026

Créer sa conciergerie Airbnb : le guide complet

Business plan, statut, carte G, loi Le Meur, tarifs, outils, premiers propriétaires : toutes les étapes pour créer une conciergerie solide, sans laisser de place au hasard.

L'essentiel

  • Une conciergerie Airbnb gère des locations courte durée pour le compte de propriétaires, le plus souvent contre une commission.
  • Sans carte G, vous pouvez assurer les services sur place, mais pas encaisser les loyers pour le compte du propriétaire.
  • Depuis la loi Le Meur, les conciergeries sont des « intermédiaires touristiques » et peuvent être sanctionnées directement.
  • Votre rentabilité se joue dès le départ : commission, nombre de logements, organisation et choix des premiers propriétaires.

1. Qu'est-ce qu'une conciergerie Airbnb ?

Une conciergerie Airbnb est une entreprise qui gère des logements en location courte durée pour le compte de leurs propriétaires : annonces, réservations, accueil des voyageurs, ménage, entretien et relation avec le propriétaire. Elle est le plus souvent rémunérée par une commission sur les revenus locatifs.

Créer une conciergerie Airbnb, ou ouvrir sa conciergerie de location saisonnière, c'est donc lancer une entreprise de services à la fois pour les propriétaires et pour les voyageurs.

On parle de « conciergerie Airbnb » par habitude, mais une conciergerie diffuse les logements sur plusieurs plateformes (Airbnb, Booking.com, Abritel) et, de plus en plus, en réservation directe.

2. Le business plan : la première étape

On entend encore que créer une conciergerie est simple et à la portée de tous. C'est faux. Sans préparation, les premières années peuvent coûter cher. Le business plan répond à trois questions :

  • Ce que vous voulez faireVotre offre, votre zone, votre clientèle de propriétaires, votre budget de démarrage.
  • Comment vous allez le faireVotre marché, vos concurrents, votre organisation et vos prestataires.
  • Où vous voulez allerVos objectifs de chiffre d'affaires et de nombre de logements, à 1 an et à 3 ans.

C'est aussi le business plan qui vous dira combien de logements il vous faut pour vous verser un salaire : il n'existe pas de chiffre universel, tout dépend de vos prix, du revenu moyen par logement et de vos charges.

3. Quel statut juridique choisir ?

La micro-entreprise permet de démarrer vite et de tester l'activité. Ses limites : vous ne déduisez pas vos charges réelles et votre chiffre d'affaires est plafonné.

Une société (EURL ou SASU si vous êtes seul, SARL ou SAS à plusieurs) devient plus adaptée dès que le projet est sérieux : déduction des charges, crédibilité auprès des propriétaires, possibilité d'associer d'autres personnes. Le montant du capital social est libre.

Le bon choix dépend de votre situation personnelle et fiscale : faites-le valider par un expert-comptable. Et faites rédiger vos contrats de gestion et vos conditions générales par un professionnel du droit : ce sont eux qui vous protégeront en cas de litige.

4. Avec ou sans carte G ?

La carte professionnelle de gestion immobilière, dite carte G, encadre la gestion de biens pour le compte de tiers (loi Hoguet). Elle se demande auprès de la CCI, sous conditions d'aptitude professionnelle, de garantie financière et d'assurance.

Possible sans carte G
  • Remise des clés et accueilArrivées, départs, simple état des lieux.
  • Ménage et lingePréparation du logement entre deux séjours.
  • Photos et préparationMise en valeur du logement.
Réservé aux titulaires de la carte G
  • Encaisser les loyersMême si l'argent ne fait que transiter avant d'être reversé.
  • Encaisser la taxe de séjourPour le compte du propriétaire.
  • Encaisser le dépôt de garantiePour le compte du propriétaire.

Certaines opérations, comme signer le contrat de location saisonnière ou valider les réservations en tant qu'intermédiaire, relèvent même de la carte T (transaction), selon la grille publiée par la FNAIM.

Si vous ne pouvez pas ou ne voulez pas obtenir la carte G, plusieurs solutions existent :

  • Le paiement fractionné (split payment) : la plateforme verse directement sa part au propriétaire, et vous facturez vos honoraires à part.
  • La délégation à un partenaire titulaire de la carte G, qui porte les actes soumis à la loi Hoguet.
  • Un réseau ou une franchise qui vous fait bénéficier de sa carte.

Pour aller plus loin : ce qu'une conciergerie peut faire sans carte G, sur Welkomz.

5. Ce que la loi Le Meur change pour les conciergeries

La loi du 19 novembre 2024, dite loi Le Meur, a profondément changé la régulation des meublés de tourisme. Ses décrets d'application sont entrés en vigueur au printemps 2026. Pour une conciergerie, trois changements comptent :

  • Vous êtes un « intermédiaire touristique »Toute personne qui participe à la mise en location d'un meublé de tourisme est visée, avec ou sans carte G, y compris sous mandat de gestion.
  • Vous devez vérifier la conformité de chaque logementLe numéro d'enregistrement, la déclaration du propriétaire, et la mention du numéro dans chaque annonce. Le téléservice national d'enregistrement est en cours de déploiement.
  • Vous pouvez être sanctionné directementLes amendes peuvent atteindre plusieurs dizaines de milliers d'euros par annonce ou par logement, selon le manquement.

Concrètement, constituez un dossier par logement : information donnée au propriétaire, déclaration sur l'honneur, numéro vérifié, données d'activité transmises. C'est ce dossier qui prouvera votre bonne foi en cas de contrôle. Renseignez-vous aussi sur les règles de votre commune (changement d'usage, quotas, nombre de nuitées) et sur le règlement des copropriétés où vous gérez des biens.

Pour aller plus loin : les obligations des conciergeries avec la loi Le Meur et le point sur l'enregistrement des annonces, sur Welkomz. La réglementation évolue : vérifiez votre situation auprès d'un professionnel du droit.

6. Quels services proposer ?

Votre offre dépend de vos propriétaires et de votre marché. On retrouve en général trois niveaux :

  • Les services essentiels : remise des clés, état des lieux, ménage entre deux séjours. Pour les propriétaires qui gardent la main sur leur annonce.
  • La gestion complète : création et optimisation des annonces, photos, tarification, gestion des réservations et des voyageurs, ménage, maintenance et reporting. C'est le cœur de métier d'une conciergerie.
  • Les services premium : transferts, courses avant l'arrivée, panier d'accueil, activités. Pour vous différencier sur les biens haut de gamme.

Quelle que soit votre offre, ce sont la qualité de votre accueil et les performances que vous obtenez pour vos propriétaires (revenus, taux d'occupation, avis) qui vous feront garder vos mandats.

7. Quels tarifs pratiquer ?

Fixer ses prix est l'un des points les plus délicats. Commencez par votre seuil de rentabilité, puis comparez-vous aux conciergeries de votre zone. Deux modèles coexistent :

  • Les prestations à la carte, facturées à l'acte : remise des clés, ménage, assistance. Pour les propriétaires qui veulent garder la gestion.
  • La gestion complète à la commission, le plus souvent autour de 20 % des revenus locatifs, avec des écarts selon la ville, le standing et les services inclus. C'est le modèle le plus rémunérateur pour la conciergerie.

Le ménage est en général refacturé à part, au voyageur ou au propriétaire. N'ayez pas peur d'ajuster vos tarifs dans les premiers mois : c'est normal.

8. Prestataires et outils

Votre réputation dépend de celle de vos prestataires. Entourez-vous dès le départ :

  • Le ménage, votre prestataire le plus important : une équipe ou une entreprise capable de réagir dans l'urgence. Imposez vos propres process et checklists dès le premier jour, et vérifiez que vos prestataires sont assurés.
  • Les artisans : plombier, électricien, serrurier, dans chaque zone où vous intervenez. En saison, un incident non réglé coûte un avis, parfois un propriétaire.
  • Un logiciel de gestion (PMS), pour centraliser réservations, calendriers, messages et tâches. Choisissez-le avant d'avoir trop de logements : migrer ensuite prend du temps.
  • L'arrivée autonome (serrure connectée ou boîte à clés, selon les règles de votre commune) et un outil de tarification dynamique pour optimiser les revenus de vos propriétaires.

Pour comparer les solutions : bien choisir son logiciel de conciergerie, sur Welkomz.

9. Trouver ses premiers propriétaires

Vos premiers mandats viendront presque toujours de votre réseau. Ensuite, il faut des sources régulières :

  • Votre entourage et le bouche-à-oreille : parlez de votre projet, demandez des recommandations.
  • Les partenaires locaux : agences immobilières, notaires, artisans, commerçants, offices de tourisme.
  • Votre fiche Google et votre site, avec une page par ville couverte : c'est là que les propriétaires vous comparent, et de plus en plus via les assistants IA.
  • Les autres professionnels du secteur : salons, réseaux de conciergeries, événements locaux.

Choisissez aussi vos premiers propriétaires avec soin : un mauvais logement ou un propriétaire mal aligné peut vous coûter plus cher qu'il ne vous rapporte.

10. Lancer et structurer son activité

Une fois prêt, faites connaître votre conciergerie : un site qui présente votre offre, une fiche Google, une présence sur les réseaux sociaux, et pourquoi pas un petit événement de lancement avec les agences et partenaires de votre zone.

Surtout, documentez vos process dès les premiers logements : arrivées, ménage, gestion des incidents, reporting aux propriétaires. Ce qui fonctionne avec cinq logements ne tiendra pas à trente si rien n'est écrit.

Avec de la rigueur, de la régularité et de la persévérance, la conciergerie est un métier passionnant, et une activité qui peut devenir très solide.

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Questions fréquentes

Peut-on créer une conciergerie Airbnb sans carte G ?

Oui, à condition de rester sur des prestations de service : remise des clés, accueil, ménage, linge, photos. Sans carte G, une conciergerie ne peut pas encaisser les loyers, la taxe de séjour ou le dépôt de garantie pour le compte du propriétaire.

Quel statut juridique choisir pour une conciergerie ?

La micro-entreprise permet de tester l'activité simplement, mais sans déduire ses charges réelles. Une société (EURL, SASU, SARL, SAS) est plus adaptée dès que le projet devient sérieux. Le bon choix dépend de votre situation : faites-le valider par un expert-comptable.

La loi Le Meur s'applique-t-elle aux conciergeries ?

Oui. Elle vise tous les intermédiaires qui participent à la mise en location d'un meublé de tourisme, avec ou sans carte G, y compris sous mandat de gestion. Les conciergeries peuvent être sanctionnées directement.

Quelle commission prend une conciergerie Airbnb ?

La formule tout compris est le plus souvent facturée à la commission, autour de 20 % des revenus locatifs, avec des écarts selon la ville, le standing des biens et les services inclus. Le ménage est en général facturé à part.

Combien de logements faut-il pour vivre d'une conciergerie ?

Il n'y a pas de chiffre universel : tout dépend de vos prix, du revenu moyen par logement et de vos charges. C'est précisément ce que le business plan doit établir avant de vous lancer.

Comment ouvrir une conciergerie Airbnb ?

Les grandes étapes sont : établir un business plan, choisir un statut juridique, décider de demander ou non la carte G, vous mettre en conformité avec la loi Le Meur, définir vos services et vos tarifs, vous entourer de prestataires et d'outils, puis trouver vos premiers propriétaires.

Faut-il se faire accompagner pour créer sa conciergerie ?

Ce n'est pas obligatoire, mais les erreurs de départ (statut, contrats, commission, premiers propriétaires) coûtent cher. Un accompagnement par un professionnel du secteur fait gagner du temps et évite les fausses routes.