Commerçants, rencontrez-vous !

En faisant quelques courses dans les rues de Salon de Provence samedi matin, je suis passé devant un salon de thé, proposant quelques plats (tartes, crêpes) et la possibilité de prendre une boisson chaude et probablement des pâtisseries.

C’est une grande pancarte sur la façade qui a attiré mon regard, puisqu’elle mentionnait : “Cafés Nespresso”

J’ai été stupéfait de voir un commerce de bouche mentionner sur sa façade, comme argumentaire commercial, le fait qu’ils servent des cafés en dosettes Nespresso.

1° Est-ce un vrai argument ?

Pour ma part, j’ai été longtemps client Nespresso, je possède toujours 2 machines chez moi mais ne commande plus de capsules depuis plusieurs mois. Je trouve assez souvent un expresso de bar meilleur qu’un Nespresso.

En tout cas, il ne me viendrait pas à l’idée de choisir un lieu de restauration sur cet argument. Et le café Nespresso n’a pas dans mon esprit une image de café “haut de gamme”, j’apporte plus de crédit aux saveurs d’un café torréfié dans une brulerie au coin de la rue.

2° Quel avantage pour le commerçant ?

Même en utilisant une machine pro et les dosettes pro de Nespresso, le prix au kg de café est hors de prix en comparaison à du café en grains, il va donc nécessairement répercuter ce prix sur le client.

Mais au-delà de ces deux remarques, qui au final n’engagent que le client potentiel d’un côté et le commerçant de l’autre, je me demande pourquoi ce commerçant ne voit pas au-delà de son commerce et n’essaye pas de nouer des partenariats avec d’autres commerçants.

Si ce commerçant à choisi de proposer à ses clients du café Nespresso et surtout, de le présenter comme un argument commercial, c’est probablement car il porte lui-même du crédit à ce café et souhaite proposer du café de qualité à ses clients.

Pourquoi donc ne pas aller voir la brûlerie de café de Salon et lui proposer un partenariat gagnant – gagnant ?

Le salon de thé installe une machine expresso et propose à la dégustation une sélection de cafés vendus chez son confrère torrefacteur. Il met ainsi en avant les produits d’un commerçant partenaire et propose à ses clients de prolonger leur dégustation chez eux, en allant acheter le café qu’ils ont apprécié.

Le client a découvert un café original, frais, il aura peut-être aussi découvert l’existence de la brûlerie et appréciera ce partage et cette recommandation entre commerçants.

De son côté, le torréfacteur, qui ne propose pas la dégustation sur place, pourra orienter ses clients vers le salon de thé, où ses clients pourront déguster un café de sa sélection, accompagné d’une pâtisserie.

Le client sera orienté vers un lieu où il pourra déguster et tester différents cafés, passer un bon moment. Et là encore, il aura apprécié d’être conseillé, guidé vers ce lieu.

Je trouve que trop souvent les commerçants ne pensent pas à la complémentarité qu’un autre commerce peut leur apporter, il y a de réels intérêts à échanger, orienter et conseiller ses clients.

2 Comments Commerçants, rencontrez-vous !

  1. Pierre Lecourt

    Salut Romain,

    C’est simple, il y a 9 chances sur 10 qu’ils se connaissent mais qu’ils estiment être concurrents.

    Ce n’est pas forcément vrai, ce n’est pas comme cela que 99% des clients les voient mais si tu les interroge ils te raconteront une anecdote d’un client/ami/visiteur/démarcheur qui leur a dit « Et il vous fait pas trop d’ombre l’autre là avec son café ? »

    C’est dingue de voir a quel point les commerçants sont frileux en général. Pour avoir géré des boutiques info, le simple fait de demander d’afficher une petite feuille expliquant qu’on arrivait à la vitre d’une boulangerie posait des problèmes diplomatiques.

    Pourtant le personnel venait manger un sandwich tous les jours, on faisait du chiffre et a priori on ne vendait rien de comparable mais, la boulangère « ne voulait froisser personne ».

    Et pourtant tu as raison, sur tout. Un café industriel (aussi bon qu’il soit) ne remplace pas un café artisanal et dissocie l’image de la pâtisserie faite maison. Pas de raison qu’elle soit faite maison si son café est fabriqué dans une usine non ?

    La solution ? Un tiers, généralement qui vient de la mairie et qui monte une association de commerçants. Mais là se pose un autre problème, si il y a 2 salons de thé dans la ville, ils ne voudront pas forcément se côtoyer. Il faut expliquer, écouter et surtout dresser des cartes synergiques comme tu en donne l’exemple. Mailler les boutiques avec les services, faire profiter chez untel de services proposés par un autre etc… C’est comme cela que de petites villes se sont battues contre de la grande distribution. Avec pas mal de succès.

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    1. Romain

      Merci pour ton commentaire et ta participation a ma réflexion Pierre. C’est en effet dommage de voir des commerçants se tromper d’ennemi.

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